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septembre 2007

23/09/2007

Qu'est ce qu'un gardien?

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Voici un document d'une page pour essayer de définir le rôle essentiel que joue les gardiens dans la vie de la rivière Sainte-Marguerite. Comment faire pour que leurs savoir et savoir faire ne disparaissent pas avec eux? Si vous avez des commentaires ou des idées, n'hésitez pas.

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14/09/2007

Truites, ours et scotch

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Et voilà arrivé mon voyage annuel dans le magnifique camp en bois rond de Dampool. J'y vais avec mon ami Louis Diament qui habite à Ottawa et qui aime autant bien manger et bien boire que moi. Il y a 5 ans je lui ai donné sa première canne à moucher et ça va être son premier voyage à Dampool. Nous quittons Québec avec dans nos bagages les éléments nécessaires à un séjour réussi. Huit bonnes bouteilles de vin, nous partons quand même 4 jours, 1 bouteille de Scotch (Lagavulin), une demie bouteille de Jack Daniels, 4 cailles, 2 poitrines de poulet, un magret de canard, un magret de canard fumé, 4 maquereaux fumés, du cerf fumé, des légumes, des fruits, du bon pain au levain, de bons fromages et du café. Maintenant nous sommes prêts à penser à la pêche.

Nous arrivons à Onésime vers 18h00 et commençons à préparer nos sacs à dos pour la marche. Pierre Rousseau et Magella Dufour sont là et nous discutons une bonne dizaine de minutes. Magella nous montre fièrement le piège à souris installé à l'intérieur de sa voiture en mentionnant que c'est une année à souris. Il soulève le capot de son camion et nous montre les ravages des souris. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à la mousse a été mangé. Pierre nous explique que l'automne dernier il y avait tellement de cocottes par terre que les souris, qui meurent habituellement de faim pendant l'hiver, ont survécu et se sont multipliés grâce à cette abondance. Pierre nous raconte qu'il y a 6-7 loups au lac à Pierre. Un lac situé à 3 km de Fer à Cheval.

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Louis et moi même attachons nos sacs à dos et commençons à marcher. Les sacs sons très lourds et chaque pas est un effort. Il a beaucoup plu et le sentier est boueux. Il commence à faire sombre et nous faisons attention de ne pas glisser et mettre notre précieuse cargaison en danger. Lorsqu'il nous reste 200 mètres à marcher, je glisse et tombe par terre comme un grand sapin qui vient d'être coupé. Je suis noir de boue mais heureux de bientôt être arrivé. Louis a Stemarguerite_130 bien supporté la souffrance du poids de son sac à dos en pensant au plaisir d'ouvrir la bouteille de Scotch. A notre arrivé, dans le noir total, nous nous installons dans le camp, préparons à manger et ouvrons une bouteille de vin. Le lendemain nous irons voir nos amis les truites au Fer à Cheval.

Le premier jour il pleut toute la journée et en fin d'après-midi nous assistons à la transformation de la rivière suite à une rupture d'une digue de castor. L'eau ressemble tout à coup plus au fleuve jaune en Chine qu'à la rivière St-Marguerite. Nous comprenons très vite que l'heure du Lagavulin a sonné. Les trois prochains jours nous vivons un rêve de bonheur et de tranquilité. Les truites ne coopèrent guère mais nous réussisons à tromper une bonne douzaine entre 1 à 4 livres. Nous les attrapons avec de petites nymphes, de grosses souris, des muddlers et des Mickey Finn. C'est clair que tout se joue entre 5 et 8 heures du matin et entre 6 à 8 heures le soir. Le reste du temps est consacré à la méditation, à la sieste et à la cuisine. Nous avons réussi à voir un faucon en rase motte devant le camp, un bébé castor avec sa mère au Fer à Cheval, un enorme héron 7 mètres au dessu de nos têtes et la cérise sur le gateau, un gros ours bien gras.

Nous arrivions en canot au Fer à Cheval et j'étais assis à l'avant. Juste à l'endroit ou la rivière tourne je regarde vers ma droite et vois tout à coup une masse noire qui bouge Stemarguerite_152_2 sur un banc de sable. Mon cerveau enregistre visuellement l'ours mais laisse sortir le mot ''Orignal''. Louis cherche le panache mais ne le trouve pas. Il voit lui aussi l'ours qui maintenant a tourné la tête vers nous. Il nous regarde avec un air hautain en se demandant qui a bien pu le traiter d'orignal. Tout a coup la peur le saisis. Il fait demi tour, saute dans la rivière, la traverse en quelques secondes et disparaît dans le bois. Il faut absoluement aller prendre des photos de ses traces et nous nous dirigeons vers le banc de sable. Pendant que je prends des photos Louis monte la garde... avec sa canne à pêche.

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Le dernier matin nous réalisons une très belle pêche et Louis prend une truite de 3 livres comme cadeau d'adieu. Juste avant le départ Magella arrive comme un sauveur avec son 4 roues et emporte avec lui nos 9 bouteilles vides. Quel soulagement pour nos épaules et pour le moral de ne pas être obligé de les porter vides. Un autre séjour de rêve se termine et nous déanbulons rêveur dans la forêt en direction de la voiture remplie de souris. 

05/09/2007

Oh! Les Murailles

Mon voyage annuel aux Murailles est enfin arrivé. Je vais passer 4 jours tout seul dans le bois en compagnie de grands saumons.En montant je m'arrête pour dire bonjour à Yvon-Marie et sa femme, dans leur maison à côté du pont couvert. C'est aussi ma façon de m'immerger dans l'ambiance de la Sainte-Marguerite et de prendre des nouvelles de tout le monde. Yvon-Marie me raconte que depuis qu'il n'occupe plus le poste de chef gardien il est moins stressé. Maintenant il passe son temps à guider les clients sur la rivière. La semaine dernière il me dit qu'il a fait prendre un saumon de 25 livres à un client aux Murailles. Je profite aussi de l'occasion pour prendre des nouvelles de Pierre Rousseau et sa femme Lucienne et de Magella Dufour. Ils vont tous bien.

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Il ne fait pas très beau et la pluie est au programme pour les 4 prochains jours. Je me conduis vers la fosse 53 et me prépare à traverser la rivière à gué. Je mets mon gros sac à dos, mes sandales et traverse la rivière sans problème à l'aide de mon bâton de marche en bois. Je commence tout de suite à marcher en gardant un bon rythme. J'arrive rapidement au panneau indiquant que j'ai parcouru 1 km. C'est maintenant que le vrai sport commence. Entre le premier et le deuxième kilomètre ça monte continuellement et je transpire à grosses gouttes. Après 4 kilomètres de marche le camp se profile tout à coup dans le bois et je fête mon arrivé avec un verre de Jack Daniels.

Le premier évènement majeur se passe 10 minutes après mon arrivé. Je saisis ma canne dans la main gauche et sors pour finir de la monter dehors. Lorsque je pense être sorti la porte claque... sur ma canne, et voilà ma canne de 9 pieds qui mesure 5 pouces de moins. Et une deuxième canne? Oui, à Québec. Je teste immédiatement ma canne et je suis soulagé de voir que ça marche très bien quand même. Je descends vérifier le saumon en bas du camp et comme il fait très sombre ce n'est pas facile. Je vois 5 saumons dont 2 de plus de 25 livres et à mon étonnement 2 petits grilse. Pendant les 3 prochains jours je dors, je lis, je mange très bien, je bois du bon scotch et du vin rouge Australien et je pêche 4 heures par jours. Le premier et seul contact avec un saumon se passe le deuxième soir sous une pluie torrentielle avec une sêche, un bomber blanc. Le niveau de la rivière a tellement monté que je n'ose même pas la traverser pour pêcher de l'autre côté. La nécessité étant la mère de l'invention je décide de pêcher à la sêche juste devant le camp. Un saumon de 25 livres essaye de prendre ma mouche deux fois mais la rate. La deuxième fois il passe sur la mouche comme une baleine et mon coeur s'arrête pendant 2 secondes.

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Dans le camp je découvre un journal de la basse côte nord. Il y en 15 examplaires mais tous le même numéro. Je ne savais pas qu'il y avait autant d'informations dans un journal local de 20 pages. Pendant mon séjour de 3 jours j'ai lu chaque paragraphe, chaque ligne et chaque mot, incluant les annonces. Le plus drôle étant les petites annonces et celle de la femme qui loue une très belle chambre mais qui ne met ni l'endroit ni le numéro de téléphone dans l'annonce. Un manque d'argent je m'imagine. Cette fois ci je ne prend donc pas de saumons aux Murailles mais il y en avait pourtant. Lors d'un éclaircie de 10 minutes le troisième jour j'ai pu compter 20 saumons dont 3 de plus de 40 livres. Lors de mon départ il y a même des ruisseaux sur le sentier et lorsque j'arrive au bras principal je ne peux même pas traverser la rivière. J'essaye mais le courant est trop fort. Je cherche pendant une demi heure et trouve finalement un endroit, 50 mètres en amont du grand arbre coincé dans le courant, (il est facile à reconnaître). J'arrive de l'autre côté épuisé mais heureux. Lorsque j'ouvre le coffre de ma voiture je vois une grosse boule de tissus?! Je la déplace et découvre à ma stupeur 5 souris qui partent à toute vitesse. Les souris ont du passer la fin de semaine au chaud et elles étaient en train de manger les sièges par l'intérieur. Pas de saumons mais des souris dans le coffre. Oh! Les Murailles.

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